Démonstration par J. Coulon et Ph. Tardy

Démonstration par J. Coulon et Ph. Tardy

Le samedi 5 mai 2018, dans le cadre de leur exposition commune, Philippe Tardy et notre regretté ami Jean Coulon faisaient, devant un public conquis, une démonstration d’impression de leurs gravures (Ces démonstrations se faisaient dans le cadre de Drukdrukdruk).

En 2022 l’atelier KASBA a décidé de rendre hommage à Jean Coulon (disparu en 2020), nous vous proposons de redécouvrir cet article paru en 2018 sur notre blog.

Nous commençons par l’impression d’un burin par Jean Coulon

Et nous continuons avec Philippe Tardy qui a imprimé quant à lui une de ses eaux-fortes sur un papier colorisé façon « Chine collé ».


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De fil en aiguille : la superposition des couleurs

De fil en aiguille : la superposition des couleurs

Après nous être intéressé longuement au repérage en lithographie dans notre article « de fil en aiguille : le repérage à l’aiguille », voici la suite où nous nous intéressons (vidéo à l’appui) à la technique de la lithographie couleur « façon Lipit ».

En lithographie traditionnelle, on utilise une pierre par couleur mais il est possible de procéder autrement.

C’est au fil de ses expérimentations que Jean-Pierre Lipit a imaginé une méthode qui ressemble à la technique du bois perdu, mais qui est, pour lui, plus libre et se pratique à l’envers.

Pas de panique, Lipit vous dit tout, et vous allez comprendre!

1) La couleur foncée

 Jean-Pierre commence par un petit rappel bien utile:

Pour le bois perdu, on va généralement des tons clairs vers les tons sombres et on termine par les traits, la structure de l’image.

>>> pour en savoir plus, découvrez notre article « à bois perdu » en cliquant ici.

En lithographie, je fais l’inverse. Je commence donc par dessiner la structure, la mise en place, les traits que j’imprime dans un ton généralement sombre [A]:

À gauche la pierre avec le dessin « structurel », et à droite l’impression de la première couche foncée [A]

2) On ajoute et on superpose

Alors que dans le bois perdu, on enlève de la matière au fil des impressions, ici, sans rien enlever sur la pierre, j’ajoute la matière qui donnera la couleur suivante [B]:

Ajout sur la pierre, à l’encre de dessin lithographique, de ce qui donnera la couleur [B]
impression de la couleur [B]
Résultat de l’impression de la couche plus claire [B] sur la couche foncée [A]

3) On enlève, on ajoute et… on superpose (encore)

Mais ce n’est pas tout! Nous parlions d’une technique plus libre car, contrairement au bois perdu, la pierre va permettre, à chaque nouvelle étape, d’enlever et/ou d’ajouter de la matière.

Je m’explique. Une fois la couleur [B] posée, on efface les parties qui doivent conserver cette couleur et on ajoute la matière qui va permettre l’ajout d’une couleur [C]

Avec, entre autre, un bâtonnet de pierre ponce, Jean-Pierre efface la partie du dessin qu’il ne souhaite pas conserver pour la couleur suivante [C]. Si il le souhaite, il pourra toujours, après passage de vinaigre sur la pierre, ajouter du dessin.
Impression de la troisième couche [C]
Et enfin, l’impression finale

Et que se passe-t-il après les trois passages?

On peut trouver sur l’impression finale:

– les couleurs A, B et C pures

– les superpositions des couleurs A et B

– les superpositions des couleurs A et C

– les superpositions des couleurs B et C,

– les superpositions des couleurs A, B et C

Autrement dit, 7 tons différents.

Et on peut continuer ainsi jusqu’au nombre de couleur que l’on souhaite, multipliant à chaque fois le nombre de tons.

4) Conclusion

Pour finir, Jean-Pierre nous fait ces quelques remarques pratiques:

– On utilise toujours des couleurs additionnées de transparent.

– L’impression lithographique se fait normalement sur papier légèrement humide. Dans ce cas, la pression du râteau a tendance à allonger le papier, ce qui, quand on travaille la litho couleur, ne peut pas arriver. Je travaille donc avec des papiers secs. J’ai alors un premier tirage (ton sombre) qui manque de profondeur, qui est souvent mièvre, pauvre. Souvenez-vous: après le premier passage, je n’ai rien effacé . donc le passage de la deuxième couleur qui vient se superposer à la première comble ce manque.

– Toutes les impressions couleurs demandent un repérage précis. A l’atelier Kasba, nous pratiquons le repérage à l’aiguille. Il a l’avantage notamment de pouvoir utiliser des papiers plus grands que la pierre.

>>> pour découvrir l’article « de fil en aiguille: le reprérage à l’aiguille » cliquez ici

Et voilà, maintenant vous savez tout sur la lithographie couleur « façon Lipit ».

5) Petit bonus

Et voici, comme promis et pour vous récompenser, une petite vidéo:

Article confectionné par Jean-Pierre Lipit et Nicolas Mayné


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De fil en aiguille: le repérage à  l’aiguille

De fil en aiguille: le repérage à l’aiguille

En lithographie comme ailleurs, toutes les impressions couleurs demandent un repérage précis. À l’atelier KASBA, nous pratiquons le repérage à l’aiguille. Il a l’avantage notamment de pouvoir utiliser des papiers plus grands que la pierre.

Découvrez la vidéo en fin d’article.

L’outil du jour:

L’outil utilisé est constitué d’une tige métallique plus ou moins longue sur laquelle coulissent deux curseurs mobiles munis chacun d’une aiguille et d’un écrou de serrage.

En bordure de toutes les pierres, il y a deux trous. Idéalement ceux-ci doivent se situer au bord de l’image ou dans l’image elle-même. Ainsi les trous qui seront percés dans le papier par les aiguilles seront dissimulés.

Préparation avant tirage:

Régler l’écartement des aiguilles en fonction de la position des deux trous sur la pierre.

Sur chaque papier d’impression, repérer la position des futurs trous afin de savoir exactement où placer les aiguilles.

Le repérage:

Une fois les aiguilles enfoncées dans le papier, soulever celui-ci avec une main, tout en tenant la tige métallique de l’autre. Enfin, poser délicatement le papier sur la pierre, en enfonçant les deux aiguilles dans les deux trous…

Et enfin, on imprime!

Remarque: Il est capital qu’une fois le papier posé sur la pierre et guidé par les aiguilles, il ne bouge absolument plus, notamment lorsque vous posez dessus le tympan.

Regardez la vidéo pour voir la manipulation plus en détail:

À gauche le premier état: l’impression en noir et blanc, à droite, le deuxième état, le noir et blanc + une couleur.

Article confectionné par Jean-Pierre Lipit et Nicolas Mayné


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À bois perdu

À bois perdu

En gravure, l’impression en plusieurs couleurs nécessite logiquement une matrice par couleur. La technique du bois perdu n’a besoin que d’une seule matrice, mais ne nous laissons pas abuser par cette dénomination trompeuse car, comme nous le verrons, le bois n’est pas perdu pour tout le monde.

Pour commencer, il faut dire que cette technique n’a pas que des avantages. On sera par exemple limité dans la répartition des couleurs et il est impératif de penser ces contraintes avant de commencer.

En effet, le bois étant progressivement creusé pour imprimer chaque couleur, il n’y a pas de retour en arrière possible.
Voilà pourquoi on parle de « bois perdu ».

Mais restons simple. Restons clair (et oublions les graveurs aventureux qui se lancent dans des expériences hasardeuses, compliquées et hors des sentiers battus).

Après avoir dessiné son sujet sur la planche et déterminé les couleurs et leur nombre ainsi que l’ordre dans lequel elles vont apparaître, on procède systématiquement de la manière suivante:

  1. Tout d’abord on creuse ce qui doit rester blanc et on imprime la première couleur A (le rose dans le cas qui nous occupe ci dessous, avec Élisabeth Bronitz)

À noter: c’est le moment de déterminer le nombre d’exemplaires suffisants à imprimer en pensant, je me répète, qu’il n’y aura pas de retour en arrière et qu’il arrive des accidents tels qu’un repérage défaillant ou le choix d’une couleur inappropriée .

Élisabeth grave sa plaque.

La première étape, l’impression de la couleur A

  1. Après la première impression, on continue à creuser!

Ce qui est creusé à cette étape est ce qui doit rester de la couleur A au final.

Élisabeth continue à creuser

Les plaques sont prêtes pour l’étape suivante!

  1. On peut imprimer alors la couleur B.
  1. Continuer ainsi jusqu’à la dernière couleur (ci-dessous la troisième et dernière couche en noir).

Couleur A: le rose – couleur B: Le gris – Couleur C: le noir

Et puis répéter l’action avec d’autre plaques 😉

Avant / après: tout d’abord la première impression en rose, ensuite la plaque regravée pour la deuxième couche.

Après le rose + la surimpression en gris et enfin la dernière couche de noir.

Gravures de la série série « Nu, jeu de références à l’art »… papier vélin 28,5×38,5cm, 3 couleurs, 2021 d’Élisabeth Bronitz

Remarques:

  • On commence généralement par une couleur claire et on va progressivement vers les couleurs les plus sombres.
  • Ne pas oublier de laisser sécher chaque couleur avant de passer à la couleur suivante.
  • On peut utiliser des couleurs transparentes (ou pas) puisque à chaque passage il y a superposition de couleurs.
  • Après avoir creusé plusieurs fois, il ne reste généralement que ce qui constituera la structure du sujet, les traits.
  • On peut imaginer, quand on a bien assimilé la technique, d’utiliser deux matrices au lieu d’une (couleur chaude et couleur froide par exemple).
  • La technique du bois perdu peut aussi s’appliquer à toutes les autres techniques en taille d’épargne, on parlera alors de Lino perdu ou encore de gomme perdue.

Conclusion: Comme pour le pain du même nom, vous voyez bien que le bois n’est pas « perdu ». Quand tout c’est bien passé, c’est plutôt le contraire.

Voici quelques exemples de bois perdus de nos autres membres:

Jean-Pierre Lipit:

Gilles Hébette:

Élisabeth Bronitz:

Et de Lino perdu

Nicolas Mayné :

À partir d’une plaque:

Et à partir de deux plaques:

À découvrir aussi, les vidéos « à bois perdu » avec Gilles Hébette:

Article réalisé par Jean-Pierre Lipit (texte) et Nicolas Mayné.


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En effet, la gravure au sucre est une technique de gravure.

Tout d’abord (et en schématisant), on dessine sur une plaque au pinceau ou à la plume avec un sirop composé généralement d’eau, de sucre et d’encre de Chine.

Ensuite on couvre la plaque dessinée avec du vernis. Une fois le vernis sec, on plonge enfin la plaque dans de l’eau chaude où le sucre se dissout emportant avec lui le vernis qui le recouvrait.

Les endroits que l’on avait dessinés sont alors à nu, le reste de la plaque étant toujours recouverte par le vernis.

On peut, pour terminer, mordre dans l’acide, avec ou sans aquatinte.

Voici en tout cas le procédé suivi par Gilles:

De leurs côtés, soucieux de leurs lignes, Anne-Françoise et Nicolas ont testé des techniques de sucre… sans sucre.

En détournant une gouache spéciale de sérigraphie pour Anne-Françoise:

Et en testant un petit mélange de son invention (entre-autre gomme arabique, fiel de bœuf et gouache) pour Nicolas:

Ci-dessus la plaque de zinc avec des réserves de blanc faites au marqueur permanent, le dessin au sucre sans sucre, et la couche de vernis.

Ci-dessous la plaque dans son bain d’acide, et puis quelques petites retouches au vernis avant une deuxième morsure.

Et enfin le résultat final:

En enfin Jean-Pierre a exhumé de sa réserve personnelle une mixture vieille de plus de quarante ans à la composition tenue secrète…

Histoire à suivre 😉

Article cuisiné par Nicolas Mayné


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Polissage

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La principale fonction du polissage des plaques est de préparer les blancs de la future gravure. Avec une plaque bien polie on obtiendra en effet un fond bien blanc. Si la plaque est mal ou peu polie, le fond aura un voile gris (ou de couleur si on imprime en couleur) plus ou moins léger. Si on souhaite un fond blanc, la gravure sera alors plus difficile à imprimer.

Première étape, effriter la brique de pâte à polir brune (pour un grain plus gros) et la dissoudre dans un peu de withe spririt.

Ensuite? Avec un chiffon frotter, frotter et frotter, de manière circulaire, puis linéaire.

Après, réitérer l’exercice avec la pâte à polir blanche (pour un fini plus fin)

Après une quarantaine de minutes d’efforts, la plaque est enfin prêtre (on doit pouvoir s’y admirer comme dans un miroir) 😉

Article réalisé par Élisabeth Bronitz et Nicolas Mayné


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