À bois perdu

À bois perdu

En gravure, l’impression en plusieurs couleurs nécessite logiquement une matrice par couleur. La technique du bois perdu n’a besoin que d’une seule matrice, mais ne nous laissons pas abuser par cette dénomination trompeuse car, comme nous le verrons, le bois n’est pas perdu pour tout le monde.

Pour commencer, il faut dire que cette technique n’a pas que des avantages. On sera par exemple limité dans la répartition des couleurs et il est impératif de penser ces contraintes avant de commencer.

En effet, le bois étant progressivement creusé pour imprimer chaque couleur, il n’y a pas de retour en arrière possible.
Voilà pourquoi on parle de « bois perdu ».

Mais restons simple. Restons clair (et oublions les graveurs aventureux qui se lancent dans des expériences hasardeuses, compliquées et hors des sentiers battus).

Après avoir dessiné son sujet sur la planche et déterminé les couleurs et leur nombre ainsi que l’ordre dans lequel elles vont apparaître, on procède systématiquement de la manière suivante:

  1. Tout d’abord on creuse ce qui doit rester blanc et on imprime la première couleur A (le rose dans le cas qui nous occupe ci dessous, avec Élisabeth Bronitz)

À noter: c’est le moment de déterminer le nombre d’exemplaires suffisants à imprimer en pensant, je me répète, qu’il n’y aura pas de retour en arrière et qu’il arrive des accidents tels qu’un repérage défaillant ou le choix d’une couleur inappropriée .

Élisabeth grave sa plaque.

La première étape, l’impression de la couleur A

  1. Après la première impression, on continue à creuser!

Ce qui est creusé à cette étape est ce qui doit rester de la couleur A au final.

Élisabeth continue à creuser

Les plaques sont prêtes pour l’étape suivante!

  1. On peut imprimer alors la couleur B.
  1. Continuer ainsi jusqu’à la dernière couleur (ci-dessous la troisième et dernière couche en noir).

Couleur A: le rose – couleur B: Le gris – Couleur C: le noir

Et puis répéter l’action avec d’autre plaques 😉

Avant / après: tout d’abord la première impression en rose, ensuite la plaque regravée pour la deuxième couche.

Après le rose + la surimpression en gris et enfin la dernière couche de noir.

Gravures de la série série “Nu, jeu de références à l’art”… papier vélin 28,5×38,5cm, 3 couleurs, 2021 d’Élisabeth Bronitz

Remarques:

  • On commence généralement par une couleur claire et on va progressivement vers les couleurs les plus sombres.
  • Ne pas oublier de laisser sécher chaque couleur avant de passer à la couleur suivante.
  • On peut utiliser des couleurs transparentes (ou pas) puisque à chaque passage il y a superposition de couleurs.
  • Après avoir creusé plusieurs fois, il ne reste généralement que ce qui constituera la structure du sujet, les traits.
  • On peut imaginer, quand on a bien assimilé la technique, d’utiliser deux matrices au lieu d’une (couleur chaude et couleur froide par exemple).
  • La technique du bois perdu peut aussi s’appliquer à toutes les autres techniques en taille d’épargne, on parlera alors de Lino perdu ou encore de gomme perdue.

Conclusion: Comme pour le pain du même nom, vous voyez bien que le bois n’est pas « perdu ». Quand tout c’est bien passé, c’est plutôt le contraire.

Voici quelques exemples de bois perdus de nos autres membres:

Jean-Pierre Lipit:

Gilles Hébette:

Élisabeth Bronitz:

Et de Lino perdu

Nicolas Mayné :

À partir d’une plaque:

Et à partir de deux plaques:

À découvrir aussi, les vidéos “à bois perdu” avec Gilles Hébette:

Article réalisé par Jean-Pierre Lipit (texte) et Nicolas Mayné.


Articles similaires

  • À bois perdu
    En gravure, l’impression en plusieurs couleurs nécessite logiquement une matrice par couleur. La technique du bois perdu n’a besoin que d’une seule matrice, mais ne nous laissons pas abuser par cette dénomination trompeuse car, comme nous le verrons, le bois n’est pas perdu pour tout le monde.
  • KASBA avec ou sans sucre?
    La “glucidomanie” a contaminé différents membres de l’atelier qui se sont mis activement au sucre! Mais n’ayez crainte pour leur santé, caries et diabète sont bien loin car quand on dit “sucre” dans un atelier de gravure ce n’est pas au moment de prendre son café, mais bien à celui de graver sa plaque…
  • Polissage
    En amont d’une gravure, il existe toute une série d’étapes préparatoires. Le polissage de la plaque (de cuivre en l’occurrence) fait partie de ces étapes. Dans cet article Chris Delville nous fait découvrir sa technique pour polir les plaques qui accueilleront ses futures pointes sèches. La principale fonction du polissage des plaques est de préparer […]

KASBA avec ou sans sucre?

KASBA avec ou sans sucre?

La “glucidomanie” a contaminé différents membres de l’atelier qui se sont mis activement au sucre! Mais n’ayez crainte pour leur santé, caries et diabète sont bien loin car quand on dit “sucre” dans un atelier de gravure ce n’est pas au moment de prendre son café, mais bien à celui de graver sa plaque…

En effet, la gravure au sucre est une technique de gravure.

Tout d’abord (et en schématisant), on dessine sur une plaque au pinceau ou à la plume avec un sirop composé généralement d’eau, de sucre et d’encre de Chine.

Ensuite on couvre la plaque dessinée avec du vernis. Une fois le vernis sec, on plonge enfin la plaque dans de l’eau chaude où le sucre se dissout emportant avec lui le vernis qui le recouvrait.

Les endroits que l’on avait dessinés sont alors à nu, le reste de la plaque étant toujours recouverte par le vernis.

On peut, pour terminer, mordre dans l’acide, avec ou sans aquatinte.

Voici en tout cas le procédé suivi par Gilles:

De leurs côtés, soucieux de leurs lignes, Anne-Françoise et Nicolas ont testé des techniques de sucre… sans sucre.

En détournant une gouache spéciale de sérigraphie pour Anne-Françoise:

Et en testant un petit mélange de son invention (entre-autre gomme arabique, fiel de bœuf et gouache) pour Nicolas:

Ci-dessus la plaque de zinc avec des réserves de blanc faites au marqueur permanent, le dessin au sucre sans sucre, et la couche de vernis.

Ci-dessous la plaque dans son bain d’acide, et puis quelques petites retouches au vernis avant une deuxième morsure.

Et enfin le résultat final:

En enfin Jean-Pierre a exhumé de sa réserve personnelle une mixture vieille de plus de quarante ans à la composition tenue secrète…

Histoire à suivre 😉


Polissage

Polissage

En amont d’une gravure, il existe toute une série d’étapes préparatoires. Le polissage de la plaque (de cuivre en l’occurrence) fait partie de ces étapes.

Dans cet article Chris Delville nous fait découvrir sa technique pour polir les plaques qui accueilleront ses futures pointes sèches.

La principale fonction du polissage des plaques est de préparer les blancs de la future gravure. Avec une plaque bien polie on obtiendra en effet un fond bien blanc. Si la plaque est mal ou peu polie, le fond aura un voile gris (ou de couleur si on imprime en couleur) plus ou moins léger. Si on souhaite un fond blanc, la gravure sera alors plus difficile à imprimer.

Première étape, effriter la brique de pâte à polir brune (pour un grain plus gros) et la dissoudre dans un peu de withe spririt.

Ensuite? Avec un chiffon frotter, frotter et frotter, de manière circulaire, puis linéaire.

Après, réitérer l’exercice avec la pâte à polir blanche (pour un fini plus fin)

Après une quarantaine de minutes d’efforts, la plaque est enfin prêtre (on doit pouvoir s’y admirer comme dans un miroir) 😉

Article réalisé par Élisabeth Bronitz et Nicolas Mayné


Articles similaires

  • À bois perdu
    En gravure, l’impression en plusieurs couleurs nécessite logiquement une matrice par couleur. La technique du bois perdu n’a besoin que d’une seule matrice, mais ne nous laissons pas abuser par cette dénomination trompeuse car, comme nous le verrons, le bois n’est pas perdu pour tout le monde.
  • KASBA avec ou sans sucre?
    La “glucidomanie” a contaminé différents membres de l’atelier qui se sont mis activement au sucre! Mais n’ayez crainte pour leur santé, caries et diabète sont bien loin car quand on dit “sucre” dans un atelier de gravure ce n’est pas au moment de prendre son café, mais bien à celui de graver sa plaque…
  • Les surprises de l’atelier
    Un atelier de gravure c’est entre-autre des bouteilles, des boîtes, des pots, des flacons, des bidons… Et parfois aussi de drôles de surprises, comme celles découvertes par Nicolas Mayné à KASBA!
  • Polissage
    En amont d’une gravure, il existe toute une série d’étapes préparatoires. Le polissage de la plaque (de cuivre en l’occurrence) fait partie de ces étapes. Dans cet article Chris Delville nous fait découvrir sa technique pour polir les plaques qui accueilleront ses futures pointes sèches. La principale fonction du polissage des plaques est de préparer […]
  • Quelques images de l’atelier
    Le beau temps est bien loin, petit retour sur l’atelier baigné de soleil 😉
  • Lithomagie
    Jean-Pierre Lipit présente la Lithomagie: un peu d’eau, un coup de rouleau, et du noir on passe à la lumière…

Lithomagie

Lithomagie

Jean-Pierre Lipit présente la Lithomagie: un peu d’eau, un coup de rouleau, et du noir on passe à la lumière…

Et voici l’image entière une fois imprimée:

Article réalisé par Nicolas Mayné


Articles similaires

  • À bois perdu
    En gravure, l’impression en plusieurs couleurs nécessite logiquement une matrice par couleur. La technique du bois perdu n’a besoin que d’une seule matrice, mais ne nous laissons pas abuser par cette dénomination trompeuse car, comme nous le verrons, le bois n’est pas perdu pour tout le monde.
  • KASBA avec ou sans sucre?
    La “glucidomanie” a contaminé différents membres de l’atelier qui se sont mis activement au sucre! Mais n’ayez crainte pour leur santé, caries et diabète sont bien loin car quand on dit “sucre” dans un atelier de gravure ce n’est pas au moment de prendre son café, mais bien à celui de graver sa plaque…
  • Les surprises de l’atelier
    Un atelier de gravure c’est entre-autre des bouteilles, des boîtes, des pots, des flacons, des bidons… Et parfois aussi de drôles de surprises, comme celles découvertes par Nicolas Mayné à KASBA!
  • Polissage
    En amont d’une gravure, il existe toute une série d’étapes préparatoires. Le polissage de la plaque (de cuivre en l’occurrence) fait partie de ces étapes. Dans cet article Chris Delville nous fait découvrir sa technique pour polir les plaques qui accueilleront ses futures pointes sèches. La principale fonction du polissage des plaques est de préparer […]
  • Quelques images de l’atelier
    Le beau temps est bien loin, petit retour sur l’atelier baigné de soleil 😉
  • Lithomagie
    Jean-Pierre Lipit présente la Lithomagie: un peu d’eau, un coup de rouleau, et du noir on passe à la lumière…

La recette de la gomme arabique neutre de Ludmila.

La recette de la gomme arabique neutre de Ludmila.

Aujourd’hui petit cours de cuisine avec Ludmila Krasnova qui prépare de la gomme arabique bien fraîche.

Tout d’abord verser 5 grosses cuillères à soupe de gomme en poudre dans un récipient.

Ensuite mélangez l’appareil avec de l’eau.

Ajoutez deux sucres, puis mélangez encore un peu

La consistance devient bien collante et gluante, c’est parfait ! (sinon, mélangez encore un peu).

Et pour finir laissez reposer 2 jours avant de mélanger une dernière fois…

… et bon appétit ! 😉

Article réalisé par Élisabeth Bronitz


Articles similaires

  • À bois perdu
    En gravure, l’impression en plusieurs couleurs nécessite logiquement une matrice par couleur. La technique du bois perdu n’a besoin que d’une seule matrice, mais ne nous laissons pas abuser par cette dénomination trompeuse car, comme nous le verrons, le bois n’est pas perdu pour tout le monde.
  • KASBA avec ou sans sucre?
    La “glucidomanie” a contaminé différents membres de l’atelier qui se sont mis activement au sucre! Mais n’ayez crainte pour leur santé, caries et diabète sont bien loin car quand on dit “sucre” dans un atelier de gravure ce n’est pas au moment de prendre son café, mais bien à celui de graver sa plaque…
  • Les surprises de l’atelier
    Un atelier de gravure c’est entre-autre des bouteilles, des boîtes, des pots, des flacons, des bidons… Et parfois aussi de drôles de surprises, comme celles découvertes par Nicolas Mayné à KASBA!
  • Polissage
    En amont d’une gravure, il existe toute une série d’étapes préparatoires. Le polissage de la plaque (de cuivre en l’occurrence) fait partie de ces étapes. Dans cet article Chris Delville nous fait découvrir sa technique pour polir les plaques qui accueilleront ses futures pointes sèches. La principale fonction du polissage des plaques est de préparer […]
  • Quelques images de l’atelier
    Le beau temps est bien loin, petit retour sur l’atelier baigné de soleil 😉
  • Lithomagie
    Jean-Pierre Lipit présente la Lithomagie: un peu d’eau, un coup de rouleau, et du noir on passe à la lumière…

Les Cuivres

Les Cuivres

C’est un duo de choc (Chris Delville et Gilles Hébette) qui a imprimé à tour de rôle leurs cuivres ce matin à l’atelier… Voici un petit moment de vie à Kasba.

1-Chris et Gilles à la table d’encrage chauffante.

 

2-La main de Chris après le paumage.

3-L’impression de Gilles.

4-L’impression de Chris.

Article réalisé par Élisabeth Bronitz


Articles similaires

  • Impression de T-shirts par Gilles
    Gilles Hébette a imprimé une série de T-shirts ce matin pour la société « docteur vertical »…
  • Les Cuivres
    C’est un duo de choc (Chris Delville et Gilles Hébette) qui a imprimé à tour de rôle leurs cuivres ce matin à l’atelier… Voici un petit moment de vie à Kasba.
  • From A to Z
    Nicolas Mayné imprime un cuivre, voici le processus…